Keiko Fujimori élue présidente du Pérou : retour du fujimorisme au pouvoir après plus de 20 ans
Par Dichi JOSEPH
Keiko Fujimori remporte l’élection présidentielle au Pérou
Le Pérou a élu une nouvelle présidente. Keiko Fujimori, âgée de 51 ans, a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 50,13 % des suffrages, contre 49,86 % pour son adversaire Roberto Sánchez, selon les résultats publiés par l’Office national des processus électoraux (ONPE).
Cette victoire marque le retour du fujimorisme à la tête de l’État péruvien, plus de vingt ans après la fin de la présidence d’Alberto Fujimori (1990-2000). Après trois défaites consécutives lors des présidentielles de 2011, 2016 et 2021, Keiko Fujimori parvient enfin à accéder à la magistrature suprême.
Un pays plongé dans une profonde crise politique
La nouvelle présidente héritera d’un pays confronté à une instabilité politique sans précédent. Depuis 2016, le Pérou a connu une succession rapide de dirigeants, avec pas moins de huit présidents, conséquence de crises institutionnelles, de destitutions et de tensions permanentes entre l’exécutif et le Parlement.
Durant sa campagne, Keiko Fujimori a promis de restaurer l’ordre, de renforcer les institutions démocratiques et de relancer l’économie afin de rétablir la confiance des citoyens.
Roberto Sánchez refuse de reconnaître sa défaite
Le candidat de gauche Roberto Sánchez conteste les résultats officiels du scrutin. Estimant que des irrégularités ont entaché le processus électoral, il réclame notamment l’annulation des votes des Péruviens résidant à l’étranger.
Le samedi 27 juin 2026, il a conduit une nouvelle manifestation réunissant des centaines de partisans dénonçant ce qu’il considère comme une grave atteinte à la démocratie. Il affirme être prêt à saisir les instances internationales afin que, selon lui, la volonté populaire soit pleinement respectée.
L’un des scrutins les plus serrés d’Amérique latine
Avec un écart d’environ 50 000 voix sur près de 18 millions d’électeurs, cette élection présidentielle figure parmi les plus disputées de l’histoire récente de l’Amérique latine.
Cette faible marge illustre les profondes divisions qui traversent aujourd’hui la société péruvienne et laisse présager un mandat particulièrement délicat pour la nouvelle cheffe de l’État.
Un passé judiciaire qui continue de susciter le débat
Figure incontournable de la politique péruvienne depuis plusieurs années, Keiko Fujimori a également été au cœur de plusieurs procédures judiciaires liées au scandale Odebrecht. Elle a notamment passé une année en détention provisoire dans le cadre d’une enquête portant sur des accusations de blanchiment d’argent et de corruption dans le secteur du BTP.
Durant sa campagne, elle a reconnu avoir commis des erreurs par le passé tout en affirmant avoir tiré des leçons de ces événements. Son principal engagement repose sur le rétablissement de l’ordre, de la stabilité politique et de la confiance des Péruviens envers leurs institutions.
Son élection ouvre un nouveau chapitre de l’histoire politique du Pérou, dans un contexte où les attentes de la population restent particulièrement élevées.