La crise migratoire entre Haïti et la République dominicaine continue de prendre de l’ampleur. Selon les chiffres communiqués par la Direction générale de la migration (DGM), plus de 230547 ressortissants haïtiens ont été rapatriés depuis le 1er octobre 2024, date de l’arrivée du vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester à la tête de l’institution.
Cette année, les autorités dominicaines indiquent avoir expulsé 196 321 Haïtiens en situation migratoire irrégulière durant les six premiers mois, dont 34 226 personnes au cours du mois de juin.
Ces chiffres témoignent du renforcement de la politique migratoire dominicaine, menée avec l’appui des forces armées et des services de sécurité de l’État. Les autorités expliquent la mise en place de ces opérations par la volonté de contrôler l’immigration irrégulière et de faire respecter les lois de leur pays.
Cependant, derrière ces statistiques se cache une réalité plus complexe pour de nombreux Haïtiens : l’accès aux voies migratoires légales demeure difficile. L’obtention d’un visa représente souvent un parcours long et incertain, marqué par des exigences administratives strictes, des coûts élevés, des difficultés à obtenir un rendez-vous consulaire et des critères financiers qui excluent et diminue considérablement une importante partie des demandeurs.
Selon plusieurs observateurs, cette combinaison entre expulsions massives et accès limité aux voies régulières alimente un cercle difficile à briser : des migrants n’ont d’autres que les alternatives clandestines, qui sont vulnérables aux réseaux illégaux et s’exposent ensuite aux opérations de contrôle.
Face à cette situation, les solutions ne peuvent pas se limiter aux expulsions. Elles nécessitent un dialogue renforcé entre Haïti et la République dominicaine, la création de mécanismes de migration légale, une meilleure protection des travailleurs migrants et des investissements capables de créer davantage d’opportunités économiques en Haïti.
La question demeure : comment construire une politique migratoire durable lorsque des milliers d’Haïtiens qu’aspire à une meilleure vie font face à de grandes difficultés pour obtenir un statut légal ?
✍🏿Richard Felissaint