Dans une série d’entretiens accordés à la presse internationale, l’ancien président congolais Joseph Kabila sort de son silence et livre une charge sévère contre le pouvoir en place, dénonçant des dérives institutionnelles et appelant à une refonte du système politique.
Après plusieurs mois d’absence médiatique, Joseph Kabila reprend la parole. L’ex-chef de l’État de la République démocratique du Congo, dont la dernière intervention publique remontait à octobre dernier, au lendemain de sa condamnation à mort par la justice congolaise, a entamé une série d’interviews avec des médias internationaux. Le premier entretien a été publié ce lundi dans les colonnes du quotidien belge La Libre Belgique.
Dans cet échange, l’ancien président aborde à la fois sa situation personnelle et les grands enjeux politiques du pays. Il y adopte un ton particulièrement critique envers son successeur, Félix Tshisekedi, qu’il accuse de fragiliser les institutions et de s’écarter des principes démocratiques.
Joseph Kabila met notamment en cause le respect de la Constitution, estimant que le fonctionnement des institutions congolaises est aujourd’hui mis à rude épreuve. Il dénonce une gouvernance qu’il juge centralisée et peu transparente, pointant une concentration du pouvoir au sommet de l’État.
Sur le plan sécuritaire, l’ancien dirigeant s’exprime également sur la situation dans l’est de la RDC, théâtre de violences persistantes malgré les initiatives régionales et internationales. Il se montre sceptique quant à l’efficacité des démarches engagées et appelle à une stratégie plus cohérente pour restaurer la paix.
Au cœur de ses déclarations, une formule forte : « balayer le système ». Par ces mots, Joseph Kabila plaide pour une transformation en profondeur de l’appareil politique congolais, qu’il estime défaillant. Une prise de position qui pourrait relancer les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par de profondes divisions.
Cette sortie médiatique intervient alors que le climat politique en RDC demeure tendu, sur fond de contestations et de défis sécuritaires persistants. En choisissant de s’exprimer dans la presse internationale, l’ancien président semble vouloir repositionner sa voix dans le débat public, au moment où les équilibres politiques du pays restent fragiles.
✍🏿Maken Louis