Yaoundé — Le gouvernement camerounais a confirmé, lundi 6 avril 2026, la mort de seize de ses ressortissants impliqués dans le conflit en Ukraine, après la transmission officielle d’une liste par les autorités russes.
Dans un communiqué publié par le ministère camerounais des Relations extérieures, Yaoundé indique avoir reçu de l’ambassade de Russie une liste de citoyens « de nationalité camerounaise qui exerçaient dans la zone d’opération militaire spéciale », expression utilisée par Moscou pour désigner la guerre menée en Ukraine depuis février 2022.
Selon les autorités camerounaises, cette liste fait état de seize décès parmi des Camerounais présents sur le théâtre des opérations militaires. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni concernant les circonstances exactes des morts, les dates des décès ni les statuts précis des personnes concernées.
Depuis le début du conflit, plusieurs rapports internationaux ont évoqué la présence d’étrangers, notamment africains, recrutés pour combattre aux côtés des forces russes. Certains auraient signé des contrats militaires, tandis que d’autres auraient été attirés par des promesses d’emploi ou d’études avant de se retrouver engagés dans la guerre.
La confirmation officielle par Yaoundé marque l’une des premières reconnaissances publiques de pertes humaines camerounaises liées directement au conflit russo-ukrainien.
Au Cameroun, cette annonce suscite inquiétude et interrogations, notamment parmi les familles de jeunes partis à l’étranger ces dernières années. Plusieurs organisations de la société civile avaient déjà alerté sur des cas de disparitions ou de recrutements opaques impliquant des ressortissants africains en Russie.
Les autorités camerounaises assurent poursuivre les démarches diplomatiques afin d’obtenir davantage d’informations sur l’identité des victimes, leurs conditions d’engagement et les modalités de rapatriement éventuel des dépouilles.
Plus de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, le conflit continue d’avoir des répercussions bien au-delà de l’Europe, impliquant indirectement des citoyens de différents continents.
La publication de cette liste rappelle l’extension internationale du conflit et les risques encourus par des ressortissants étrangers engagés, volontairement ou non, dans les opérations militaires.
Maken Louis