Les commémorations marquant le 32e anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsis ont officiellement débuté ce mardi 7 avril 2026 au Rwanda. Comme chaque année, le pays observe une période nationale de recueillement de cent jours en mémoire des plus de 800 000 victimes massacrées entre avril et juillet 1994.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue au mémorial national de Gisozi, à Kigali, principal lieu de mémoire du génocide où reposent plus de 250 000 victimes. Devant des responsables politiques, des diplomates, des survivants et de nombreux citoyens, le président rwandais Paul Kagame a prononcé un discours centré sur la vigilance face aux idéologies extrémistes et aux discours de haine.
Le chef de l’État rwandais a appelé la communauté internationale à « rejoindre le Rwanda dans le combat contre l’extrémisme », estimant que les conditions ayant conduit au génocide restent une menace dans plusieurs régions du monde. Selon lui, la mémoire du génocide ne doit pas seulement être un exercice de commémoration, mais aussi un engagement actif contre la désinformation, le négationnisme et les discours incitant à la violence.
« Le génocide des Tutsis n’est pas seulement une tragédie rwandaise, c’est un avertissement pour l’humanité entière », a déclaré Paul Kagame, soulignant l’importance de l’éducation historique et de la responsabilité collective pour prévenir de nouveaux crimes de masse.
Chaque année, la période commémorative, appelée Kwibuka — qui signifie « se souvenir » en kinyarwanda — donne lieu à des veillées, témoignages de survivants, conférences et initiatives éducatives à travers le pays. Durant ces cent jours, les drapeaux sont mis en berne et les activités festives suspendues afin de favoriser le recueillement national.
Le génocide de 1994, déclenché après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril, avait entraîné une campagne d’extermination systématique visant la minorité tutsie ainsi que des Hutus modérés. La communauté internationale avait alors été largement critiquée pour son inaction face aux massacres.
Trente-deux ans après les faits, le Rwanda continue de mettre en avant son modèle de reconstruction et de réconciliation nationale, tout en alertant sur la persistance de discours haineux, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains contextes régionaux.
Les commémorations de 2026 se poursuivront jusqu’en juillet, avec des cérémonies organisées à travers le pays et au sein de la diaspora rwandaise, rappelant la nécessité permanente de défendre la paix, la tolérance et la dignité humaine.
Maken Louis