Le mardi 18 mars 2026, un contingent de 215 policiers kenyans a quitté Haïti pour regagner Nairobi, dans le cadre d’une réorganisation de la mission internationale appuyée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Officiellement présentée comme une transition stratégique, cette décision vise, selon le porte-parole de la mission, Jack Oumbaka, à permettre l’arrivée de nouveaux renforts et à atteindre un effectif global de 5 500 hommes.
Cependant, ce départ relance les critiques autour de l’efficacité réelle de la présence kenyane dans le pays. Depuis leur déploiement, ces forces étrangères étaient censées contribuer à rétablir un climat sécuritaire dans un contexte marqué par la montée en puissance des groupes armés. Or, plusieurs mois après leur arrivée, la situation sécuritaire demeure largement inchangée, voire aggravée dans certaines régions.
En dépit des promesses initiales, les opérations menées sur le terrain n’ont pas permis de réduire significativement les violences, les enlèvements ou l’emprise des gangs sur des zones stratégiques. De nombreux observateurs et citoyens dénoncent une intervention jugée insuffisante, mal adaptée aux réalités locales et dépourvue de résultats concrets.
Ce retrait partiel, présenté comme une simple réorganisation, est perçu par certains comme un aveu implicite des limites de la mission. Il soulève également des interrogations sur la stratégie globale adoptée par la communauté internationale face à la crise haïtienne.
Alors que les autorités évoquent l’arrivée prochaine de nouveaux contingents, une question persiste : ces changements permettront-ils enfin d’apporter des réponses efficaces à une insécurité qui continue de ravager le pays, ou s’inscrivent-ils dans une continuité d’actions sans impact réel sur le terrain ?