Le dernier rapport des Nations unies sur la situation sécuritaire en Haïti dresse un constat alarmant. Entre le 6 mars et le 16 mai 2026, au moins 390 personnes ont été tuées lors des affrontements armés opposant des gangs à Cité Soleil et Croix-des-Bouquets, notamment dans la plaine du Cul-de-Sac. Un bilan dramatique qui met une nouvelle fois en évidence les limites du gouvernement haïtien face à l’expansion de l’insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon l’ONU, plusieurs victimes ont été atteintes par balles alors qu’elles se trouvaient chez elles ou tentaient de fuir les zones contrôlées par les groupes armés. D’autres auraient été exécutées parce qu’elles étaient soupçonnées d’entretenir des liens avec des groupes rivaux. Pendant ce temps, des milliers de familles continuent d’abandonner leurs maisons pour échapper à la violence, dans un climat de peur généralisée.
Malgré les annonces répétées des autorités sur de prétendues opérations de sécurité, la réalité sur le terrain montre que les gangs conservent le contrôle de plusieurs territoires stratégiques. Les scènes de maisons incendiées, de bâtiments publics détruits et de civils déplacés traduisent l’incapacité des dirigeants à reprendre le contrôle de certaines zones du pays.
De nombreuses voix critiquent aujourd’hui une gestion jugée inefficace de la crise sécuritaire. Pour plusieurs observateurs, le gouvernement se limite à des discours et des promesses, sans véritable stratégie durable capable de freiner l’avancée des groupes armés. L’absence de résultats concrets renforce le sentiment d’abandon au sein de la population, qui continue de payer le prix fort de cette violence.
Alors que les morts s’accumulent et que la peur gagne du terrain chaque jour, plusieurs citoyens réclament des mesures immédiates et une réponse plus ferme des autorités. Au-delà des opérations policières, beaucoup estiment qu’il devient urgent de mettre en place une politique de sécurité cohérente afin de protéger les vies humaines et restaurer l’autorité de l’État.
Dans un pays déjà fragilisé par les crises politiques, économiques et sociales, cette nouvelle flambée de violence vient accentuer le désespoir d’une population épuisée. Pour de nombreux Haïtiens, la question n’est plus seulement de savoir quand la paix reviendra, mais si l’État est encore capable d’assurer sa mission première : garantir la sécurité de ses citoyens.
Maken Louis