Le gouvernement vénézuélien a autorisé la tenue d’un exercice aérien d’évacuation de l’ambassade des États-Unis à Caracas, prévu pour ce samedi 23 mai, dans un contexte marqué par le réchauffement progressif des relations entre Washington et Caracas.
L’annonce a été faite par le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, lors d’une intervention à la télévision publique. Selon lui, cette opération a été approuvée à la demande de l’ambassade américaine afin de préparer une éventuelle évacuation en cas d’urgence médicale ou de catastrophe majeure.
Dans le cadre de cet exercice, deux aéronefs américains effectueront des survols contrôlés de la capitale vénézuélienne avant de procéder à des opérations d’atterrissage à l’intérieur de l’enceinte diplomatique américaine.
Cette décision intervient cinq mois après l’opération militaire américaine du 3 janvier, qui avait conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Cette intervention avait notamment été marquée par des survols d’avions et d’hélicoptères américains ainsi que des bombardements ciblant plusieurs secteurs de Caracas et des villes avoisinantes.
Depuis la mise en place du gouvernement intérimaire dirigé par Delcy Rodriguez, Washington et Caracas multiplient les démarches pour normaliser leurs relations diplomatiques et économiques. En mars dernier, les deux pays ont officiellement repris leurs relations diplomatiques, suspendues depuis 2019, tandis que les États-Unis poursuivent la réactivation progressive de leur ambassade dans la capitale vénézuélienne.
Parallèlement, l’administration du président Donald Trump continue d’assouplir certaines sanctions économiques imposées au Venezuela. Caracas a récemment adopté de nouvelles réformes dans les secteurs des hydrocarbures et des mines, ouvrant davantage ces domaines aux investissements privés dans un pays qui détient les plus importantes réserves pétrolières mondiales.
Le rapprochement entre les deux États s’est également illustré par l’expulsion vers les États-Unis d’Alex Saab, figure proche du pouvoir vénézuélien sous Nicolas Maduro. Arrêté en 2020 au Cap-Vert puis extradé vers les États-Unis en 2021 pour des accusations de blanchiment et de détournement d’aide alimentaire, il avait finalement été échangé en décembre 2023 contre dix Américains détenus au Venezuela avant d’être nommé ministre par les autorités vénézuéliennes.
Maken Louis