

Plusieurs familles déplacées qui occupaient le site de Bourdon quittent progressivement les lieux cette semaine dans le cadre d’une opération d’accompagnement mise en œuvre par les autorités haïtiennes. Chaque ménage concerné a bénéficié d’une enveloppe de 100 000 gourdes destinée à faciliter sa réinstallation, pour un coût global estimé à près de 2 millions de gourdes.
Cette intervention a mobilisé plusieurs institutions publiques, notamment le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), la Direction départementale de l’Ouest (DDO) et le Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS). Ces structures ont uni leurs efforts afin d’apporter un soutien aux familles contraintes de quitter leur quartier en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Les personnes concernées sont majoritairement originaires de zones touchées par les violences des groupes armés, notamment Solino. D’après les informations disponibles, un programme d’assainissement conduit par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, en collaboration avec le SNGRS, a été lancé dans ce quartier afin de réhabiliter les espaces affectés et de favoriser le retour progressif de certains habitants.
L’opération de Bourdon fait toutefois l’objet de critiques de la part de certaines organisations qui dénoncent des pressions exercées sur les familles déplacées afin de les pousser à quitter le site. Ces réactions relancent le débat sur les conditions de prise en charge des populations vulnérables, alors que de nombreux Haïtiens continuent de vivre dans des abris précaires.
Les autorités soutiennent, de leur côté, que cette démarche relève d’un accompagnement social visant à offrir une solution plus durable aux familles concernées. Elles estiment qu’un retour vers des conditions de logement plus adaptées représente une meilleure alternative que le maintien dans des espaces exposés à des risques sanitaires et sécuritaires.
Par ailleurs, la situation à Bourdon est devenue préoccupante avec la multiplication des actes criminels, notamment les enlèvements. Dans cette perspective, la libération de l’espace occupé par ces constructions précaires pourrait également faciliter l’action des forces de l’ordre et renforcer le contrôle sécuritaire dans cette zone stratégique.