Porto-Novo, 13 avril 2026.— Le Bénin attend désormais les résultats officiels de l’élection présidentielle organisée dimanche 12 avril, marquant la fin prochaine des dix années de pouvoir du président Patrice Talon. Près de huit millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir celui qui dirigera le pays au cours des cinq prochaines années.
Le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme, selon les premières observations des autorités électorales et des missions d’observation déployées à travers le territoire. À la fermeture des bureaux de vote, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a entamé l’étape cruciale de la centralisation et de la compilation des procès-verbaux venus des différentes communes du pays.
Deux candidats seulement étaient en lice pour succéder au chef de l’État sortant. Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances et considéré comme le dauphin politique de Patrice Talon, représentait la majorité présidentielle. Face à lui, Paul Hounkpè, secrétaire exécutif national des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), incarnait une opposition qualifiée de modérée.
Cette présidentielle s’est toutefois tenue sans la participation du principal parti d’opposition, Les Démocrates. Sa candidature n’a pas été validée par les autorités électorales, faute d’avoir obtenu le nombre requis de parrainages d’élus, une condition instaurée par la réforme du système électoral béninois. Cette absence a suscité des critiques de certains acteurs politiques et organisations de la société civile, qui estiment que le scrutin manque de compétitivité.
Dans plusieurs centres urbains comme Cotonou, Parakou et Porto-Novo, la participation électorale apparaissait contrastée, avec une mobilisation jugée modérée par les observateurs. Les autorités, de leur côté, ont salué le déroulement pacifique du vote, insistant sur le respect du calendrier constitutionnel.
La CENA dispose de plusieurs jours pour proclamer les résultats provisoires, qui devront ensuite être validés par la Cour constitutionnelle. Pendant ce temps, les états-majors des deux candidats suivent de près l’évolution du dépouillement, dans un climat politique marqué par l’attente et la prudence.
L’élection présidentielle de 2026 constitue une étape majeure pour le Bénin, puisqu’elle marque la première transition politique depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon en 2016. Le futur président héritera d’un pays engagé dans des réformes économiques importantes, mais confronté également à des défis sociaux et sécuritaires croissants dans la sous-région ouest-africaine.
Maken Louis