
L’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) affirme avoir relevé plusieurs irrégularités dans le processus de recrutement de la Police nationale d’Haïti (PNH), notamment dans le cadre du programme P4000 destiné à renforcer les effectifs de l’institution policière.
Dans un rapport publié le 29 mai 2026 et intitulé Rapport sur le braquage du programme P4000 : Comment la mafia du P4000 complète les listes des 37e et 38e promotions de la PNH , l’organisation évoque des allégations de favoritisme, de trafic d’influence et de corruption ayant affecté les procédures de sélection des candidats.

Selon l’ORDEDH, plusieurs postulants ayant réussi les examens intellectuels et physiques auraient été écartés lors des évaluations médicales, tandis que d’autres auraient obtenu leur admission grâce à des interventions extérieures ou à des versements illicites. L’organisation affirme avoir recueilli des témoignages faisant état de paiements pouvant atteindre 75 000 gourdes pour intégrer l’École nationale de police.
Le rapport soulève également des préoccupations concernant la 36e promotion, dont certains membres auraient, selon l’organisation, bénéficié de traitements de faveur. L’ORDEDH estime que ces pratiques se poursuivraient dans les processus de recrutement des 37e et 38e promotions.

Par ailleurs, l’organisation remet en question certaines méthodes d’évaluation utilisées lors de la sélection des candidats. Elle évoque notamment l’absence présumée d’enquêtes de moralité pour certains postulants et critique l’utilisation de tests polygraphiques lors d’évaluations réalisées à l’hôtel El Rancho.
Le document fait également état d’allégations de corruption sexuelle et de manipulations administratives qui auraient favorisé l’admission de candidats ne répondant pas aux critères requis. À ce stade, ces accusations n’ont pas été confirmées par les autorités compétentes.
Estimant que ces révélations soulèvent des interrogations sur les mécanismes de contrôle au sein de la PNH, l’ORDEDH appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante. L’organisation réclame également un audit complet du processus de recrutement ainsi qu’une révision des dossiers d’admission des promotions concernées.
Enfin, l’ORDEDH invite l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Direction générale de la PNH et les partenaires internationaux soutenant le programme P4000 à prendre les dispositions nécessaires afin de renforcer la transparence et l’intégrité du recrutement au sein de l’institution policière.
Maken Louis