

La Maison Blanche propose d’injecter 320 millions de dollars dans le système de santé zambien en 2026, mais à une condition : la signature d’un accord bilatéral incluant un accès privilégié aux ressources minières du pays, notamment le cuivre et le cobalt. Une offre qui suscite de vives critiques, certains y voyant une forme de pression diplomatique.
L’administration américaine cherche à renforcer sa présence dans un secteur stratégique, au moment où la demande mondiale en minerais critiques explose, portée par les industries des technologies et de la transition énergétique. La Zambie, deuxième producteur africain de cuivre et acteur clé sur le marché du cobalt, représente un partenaire de premier plan.
Officiellement, Washington présente cette initiative comme un partenariat « gagnant-gagnant », visant à soutenir le système de santé zambien tout en développant les échanges économiques. Un responsable américain souligne que cet investissement pourrait améliorer l’accès aux soins et renforcer les infrastructures médicales, tout en consolidant la coopération entre les deux pays.
Mais sur le terrain, la proposition suscite des réserves. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent un « chantage inacceptable », estimant que l’aide au développement ne devrait pas être conditionnée à des concessions économiques. « Lier la santé publique à l’exploitation des ressources naturelles pose un problème éthique majeur », déplore un acteur du secteur de la santé.
Du côté des autorités zambiennes, la prudence reste de mise. Si le besoin de financements dans le domaine sanitaire est réel, notamment après les pressions subies par le système de santé ces dernières années, la question de la souveraineté sur les ressources minières demeure sensible. Le gouvernement n’a pas encore officiellement communiqué sur un éventuel accord.
Ce dossier intervient dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances pour l’accès aux ressources africaines. La Chine, déjà fortement implantée en Zambie, pourrait voir d’un mauvais œil une avancée américaine dans ce secteur stratégique.
En attendant, le débat s’intensifie entre impératifs de développement et préservation des intérêts nationaux. Pour de nombreux observateurs, l’issue de cette affaire pourrait redéfinir les modalités des partenariats entre pays africains et puissances étrangères.
✍🏿Maken Louis